Viaghju Biancu : Alexandre De Susini traverse la Corse à ski au Xplore Alpes Festival 2026

Traverser la Corse à ski du nord au sud en une seule journée. Avec Viaghju Biancu, Alexandre De Susini et le réalisateur Justin Galant nous entraînent loin de l’image estivale de l’île pour révéler une montagne corse sauvage, fragile et profondément singulière. Sélectionné au Xplore Alpes Festival 2026, le film raconte autant une aventure sportive qu’une histoire de territoire.

La Corse, ses plages, ses eaux turquoise… et ses skis.

Pour beaucoup, les deux images semblent difficilement compatibles. Pas pour Alexandre De Susini, qui a chaussé ses premiers skis à quatre ans, tout près de l’une des trois stations de l’île.

« Pour moi, le ski en Corse n’a jamais vraiment été un paradoxe. Ça a toujours fait partie de mon rapport à la montagne et de ma manière de vivre l’île. »

Avec les années, Alexandre s’éloigne progressivement des domaines skiables pour explorer les reliefs corses en ski de randonnée. De cette passion est né un projet : parcourir l’Alta Strada, grande traversée hivernale du massif corse, en une seule journée.

Une aventure devenue Viaghju Biancu, réalisée par Justin Galant et sélectionnée pour le Xplore Alpes Festival 2026.

L’Alta Strada en une journée : « mon Chamonix-Zermatt à moi »

Habituellement parcourue sur plusieurs jours, l’Alta Strada traverse les montagnes corses du nord au sud.

Pour Alexandre De Susini, qui partage son temps avec la vallée de Chamonix, cette ligne possède une dimension particulière.

« On parle souvent des grandes traversées mythiques à ski. D’une certaine manière, l’Alta Strada, c’est un peu mon Chamonix-Zermatt à moi. »

De là naît une question simple : est-il possible de la parcourir en une seule journée ?

Le défi physique est réel, mais Alexandre refuse d’en faire une chasse au record.

« Je ne voulais pas que le chrono devienne le centre de l’histoire. Je voulais garder du plaisir, partager la traversée avec mes proches et profiter de l’environnement. Pour moi, la performance reste une manière différente de parcourir un territoire, pas une finalité en elle-même. »

Une approche qui rejoint précisément celle du réalisateur.

Justin Galant : filmer l’homme plutôt que seulement la performance

Réalisateur et photographe habitué aux univers du sport et de la montagne, Justin Galant cherche dans ses films ce qui se cache derrière l’exploit.

Il connaît bien les récits de très haut niveau, mais estime que la performance seule finit parfois par raconter des histoires similaires.

« Ce qui les différencie, en revanche, c’est leur histoire humaine, leur entourage. Créer un récit à partir d’une aventure, à travers un territoire unique ou encore un rêve fou, est bien plus puissant à l’image. »

Dans Viaghju Biancu, le défi d’Alexandre devient donc une porte d’entrée vers quelque chose de plus large : son attachement à la Corse et à une montagne que peu de spectateurs connaissent sous la neige.

Découvrir une autre Corse

Justin Galant connaissait l’île. Il connaissait ses montagnes. Mais il n’avait encore jamais eu l’occasion de les parcourir à ski.

« C’était un rêve pour moi aussi. Je pense que notre objectif était de partager ce rêve, que nous avions en commun avec Alex, avec le plus grand nombre. »

Le film dévoile ainsi une Corse très éloignée des représentations habituelles : sommets enneigés dominant la Méditerranée, neige sculptée par le vent et paysages hivernaux parfois austères.

Alexandre résume ce contraste :

« Évoluer dans des paysages hivernaux presque immaculés, parfois très austères, avec la mer juste derrière une crête. La montagne corse en hiver est à la fois hostile et accueillante. »

Pour renforcer cette immersion, Justin Galant et son équipe ont également choisi de donner la parole à Pierrot Griscelli, pionnier de la montagne en Corse, afin d’inscrire l’aventure contemporaine dans une histoire plus ancienne du massif.

La neige corse, aussi belle qu’éphémère

Viaghju Biancu porte aussi, sans en faire un discours démonstratif, la trace des transformations qui affectent déjà ces montagnes.

Alexandre observe depuis plusieurs années des hivers plus doux, une neige parfois plus tardive et des périodes de pluie en altitude qui compliquent certaines traversées à ski.

Les conditions rencontrées pendant le projet en témoignent directement.

« Même cette année, alors que l’enneigement était très bon en altitude, la limite basse de la neige ne nous a pas permis de réaliser toutes les transitions à ski. J’ai choisi de partir malgré ça, et je trouve intéressant que le film montre aussi cette réalité. »

Une contrainte qui devient finalement partie intégrante du récit.

« La montagne impose ses règles et il faut apprendre à composer avec elles. »

Documenter cette aventure signifie alors aussi conserver une image de la montagne corse telle qu’elle existe aujourd’hui.

Pour Alexandre, ces paysages que l’on imagine immuables sont au contraire extrêmement fragiles.

Viaghju Biancu à découvrir au Xplore Alpes Festival 2026

À travers une traversée ambitieuse, Viaghju Biancu raconte donc bien plus qu’une journée à ski.

C’est le portrait d’un homme lié depuis l’enfance aux montagnes corses, le regard d’un réalisateur amoureux de l’île et une invitation à découvrir un territoire hivernal encore largement méconnu.

Une aventure où le chrono finit par s’effacer derrière le voyage, la transmission et la beauté éphémère d’une montagne méditerranéenne sous la neige.

Le programme complet de cette 6ᵉ édition est disponible sur notre site internet !

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