Le Trésor de la Porte des Aravis : Antoine Mesnage raconte une autre manière d’habiter la montagne
Le jeudi 15 janvier, le Xplore Film Tour fait étape à Albertville avec la projection de Le Trésor de la Porte des Aravis, réalisé par Antoine Mesnage et Loris Poussin.
Ce film dépasse la seule performance pour interroger le rapport au temps, au collectif et à la montagne, à travers l’ouverture d’une highline au cœur des Aravis.
À cette occasion, Antoine Mesnage revient sur la genèse du projet, la place du collectif et ce qu’il souhaite transmettre au public.
« La Porte des Aravis, pour un highliner, c’est du pain béni »
La Porte des Aravis n’a pas été choisie par hasard. Pour Antoine Mesnage et les Passagers du Vide, ce site est intimement lié à leur histoire personnelle.
« Pour moi et pour la plupart des Passagers du Vide, on vient d’ici. J’ai skié dans les Aravis toute mon enfance. Et quand tu regardes ce massif en tant que highliner, il y a ce trou, ce gap emblématique : la Porte des Aravis. »
Une arche naturelle au milieu du massif, immédiatement perçue comme un appel à la création d’une ligne. Une évidence visuelle et symbolique.
Le trésor invisible : un prétexte pour être ensemble
Dans le film, il est question d’un trésor invisible. Pour Antoine Mesnage, la ligne n’est qu’un point de départ.
« Clairement, la ligne est un prétexte. Un prétexte pour passer du temps en montagne avec des amis. »
Ce trésor, c’est le temps long passé là-haut :
deux, trois, parfois quatre jours en montagne, à contempler, à attendre, à partager.
« L’highline, c’est un sport quand on n’est pas sur la ligne. Une fois qu’elle est installée, on peut regarder les autres marcher, observer la nature. C’est quelque chose d’exceptionnel. »
La highline comme sport profondément collectif
Antoine Mesnage insiste sur un point central : la highline est avant tout un sport d’équipe.
« Le moment est beaucoup plus important que la performance. Si tu installes une ligne tout seul, il n’y a pas vraiment de saveur. »
Installer une highline implique de la confiance, de la coordination et une connaissance fine des personnes avec qui l’on évolue.
« On met des lignes pour se retrouver, pour partager une aventure ensemble. L’esprit d’équipe est ultra important. »
Au-dessus du vide : un défi autant mental que physique
À plus de 50 mètres au-dessus du sol, le défi est évidemment mental. Mais là encore, le collectif joue un rôle clé.
« Plus tu connais les gens avec qui tu pratiques, plus tu peux te reposer sur eux. Ça permet de réduire la peur. »
Sur un terrain exigeant comme la Porte des Aravis avec de la roche instable, des risques naturel, la confiance mutuelle est essentielle.
« La gestion du stress passe par la connaissance de l’équipe, et par le fait de savoir ce que l’on fait. »
Pourquoi faire un film ?
Pour Antoine Mesnage, l’image n’est pas un simple outil de documentation. Elle fait partie intégrante du projet.
« Un projet, pour moi, c’est avant, pendant et après. »
Avant, il y a le rêve : imaginer la ligne, repérer le terrain, visualiser le projet.
Pendant, il y a l’action, la concentration, l’exécution.
Après, il y a le temps de savourer.
« L’image permet de continuer cet après. De raconter l’histoire plus longtemps, de l’ancrer, de s’en souvenir. »
Le film devient ainsi un prolongement naturel de l’aventure, au même titre que la performance elle-même.
Ce que le film raconte, au-delà de l’exploit
Antoine Mesnage ne cherche pas à montrer un record de plus.
« Des prouesses, on en voit partout. Ce qui m’intéresse, c’est une autre manière d’habiter la montagne. »
La highline permet selon lui de rester pionnier, d’inventer sans cesse de nouvelles lignes, de nouveaux récits, dans une quête d’esthétisme et de sens.
« Les Passagers du Vide aiment aller dans des endroits où rien n’a été fait, trouver des solutions, et raconter des histoires. »
Informations pratiques & billetterie
Le Trésor de la Porte des Aravis sera diffusé lors du Xplore Film Tour Albertville.
Il aura lieu à l’auditorium du Base Camp Lodge Albertville le jeudi 15 janvier à 20h30. Venez nombreux !
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