L’Odyssée de l’Invisible de Rémi Camus sur le Rhône au Xplore Alpes Festival
Du glacier du Rhône jusqu’à la Méditerranée, Rémi Camus suit le fleuve pour tenter de rendre visible une pollution qui ne l’est pas. Sélectionné au Xplore Alpes Festival 2026, L’Odyssée de l’Invisible mêle aventure, science et rencontres pour raconter les PFAS, mais surtout notre dépendance collective à l’eau. Avant de découvrir le film sur grand écran, nous avons échangé avec l’explorateur sur cette nouvelle expédition.
Australie, Mékong, tour de France à la nage, traversée entre Calvi et Monaco… Depuis plusieurs années, Rémi Camus construit ses aventures autour d’un même élément : l’eau.
Avec L’Odyssée de l’Invisible, son regard se rapproche cette fois de chez nous. L’explorateur suit le Rhône dans son intégralité, du glacier jusqu’à la Méditerranée, avec un objectif scientifique : réaliser, avec le laboratoire ALS, une cartographie cohérente de la qualité de l’eau et notamment de la présence des PFAS, ces polluants dits « éternels ».
Mais derrière les prélèvements et les données scientifiques se dessine progressivement une histoire beaucoup plus vaste : celle d’un fleuve dont dépendent des millions de personnes.
Du défi sportif à l’expédition scientifique
Les grandes aventures de Rémi Camus ont longtemps comporté une importante dimension physique. Pourtant, avec les années, leur finalité a évolué.
« Aujourd’hui, mes expéditions gardent une dimension sportive et physique importante, mais elles ont pris une dimension scientifique beaucoup plus forte. L’objectif est aussi de rapporter de la donnée, de l’information et des observations du terrain. »
Dans L’Odyssée de l’Invisible, le packraft devient ainsi moins un outil de performance qu’un moyen d’accéder à la veine principale du Rhône et à des zones indispensables aux prélèvements.
Rémi le reconnaît avec humour : comparée à certaines de ses précédentes expéditions, descendre le Rhône était presque une « balade de santé ». La véritable difficulté se trouvait ailleurs : comment raconter quelque chose que personne ne peut voir ?
Deux échantillons d’eau peuvent sembler parfaitement limpides à l’œil nu tout en présentant des compositions très différentes après analyse.
« Ce qui est invisible n’est pas forcément absent. »
C’est précisément là que le cinéma entre en jeu.
Les PFAS comme fil rouge d’une histoire beaucoup plus grande
Si les PFAS constituent le fil conducteur du documentaire, Rémi Camus refuse d’en faire un film à charge.
Le sujet croise des enjeux environnementaux et sanitaires, mais aussi industriels, économiques et politiques. Le choix de l’équipe a donc été de suivre le fleuve, effectuer les prélèvements et laisser les analyses scientifiques documenter son évolution.
Un moment du voyage marque particulièrement l’explorateur : l’arrivée à Lyon.
La problématique des PFAS y devient concrète. L’équipe rencontre des scientifiques, des citoyens, des collectifs, des industriels ou encore des avocats, avec des intérêts et des réalités parfois très différents.
« On comprend que le sujet est beaucoup plus complexe qu’un simple constat : “il y a des PFAS, il faut les supprimer”. »
Le film dépasse alors progressivement la pollution elle-même pour poser une question plus large : comment gérer collectivement une ressource qui traverse les territoires et ne connaît aucune frontière ?
« Je ne cherche pas forcément à provoquer un électrochoc »
Face à un sujet aussi anxiogène que la pollution de l’eau, le documentaire aurait pu choisir la sidération.
Rémi Camus revendique l’approche inverse.
« Je ne cherche pas forcément à provoquer un électrochoc. J’aimerais simplement qu’après avoir vu le film, quelqu’un qui passe devant le Rhône tous les jours s’arrête peut-être quelques secondes et se dise : “Ah oui… il y a tout ça derrière ce fleuve.” »
L’objectif n’est donc pas uniquement de montrer la fragilité du Rhône, mais également sa beauté. Parce que pour l’explorateur, nous protégeons mieux ce que nous connaissons et ce à quoi nous sommes attachés.
Et surtout, le film veut donner envie d’agir plutôt que d’ajouter une nouvelle couche d’éco-anxiété.
Ramasser des déchets au bord d’une rivière, rejoindre une association, participer à une action avec une école : Rémi rappelle que l’engagement peut commencer très simplement.
« Une personne seule aura forcément une capacité d’action limitée. Mais des centaines, des milliers, voire des millions de personnes qui commencent à agir ensemble peuvent réellement faire bouger les lignes. »
L’Odyssée de l’Invisible au Xplore Alpes Festival 2026
Au fond, L’Odyssée de l’Invisible n’est ni uniquement un film d’aventure, ni uniquement un documentaire scientifique.
Le défi sportif devient un véhicule permettant de suivre le Rhône, de rencontrer celles et ceux qui en dépendent et de rendre compréhensible une problématique que l’œil humain ne peut pas percevoir.
Une histoire profondément liée à ce que le Xplore Alpes Festival souhaite mettre en lumière : des aventures qui nous emmènent sur le terrain tout en nous permettant de regarder différemment les territoires qui nous entourent.
🎬 L’Odyssée de l’Invisible fait partie de la sélection officielle du Xplore Alpes Festival 2026.
📅 Rendez-vous du 24 octobre au 1er novembre 2026 en Tarentaise pour la 6e édition du festival.
Le programme complet de cette 6ᵉ édition est disponible sur notre site internet !
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